Background :

Jour Premier, et Dieu créa la Terre
Dieu assembla les océans, les mers et les terres. Il fit les montagnes et les vallées, les plages et les plaines, et pensa que tout cela était bon.
Le soleil se lèvera à l’est et se couchera à l’ouest. Les étoiles illumineront les nuits et 2 lunes évolueront autour de la terre.


Jour Second, et Dieu créa la nature
Dieu voulut embellir la terre et y sema des fleurs. Il en fit de toutes sortes et de toutes les couleurs.
Dieu voulut des arbres pour protéger ses fleurs et de nombreuses autres plantes, pour les mettre en valeur.
Il ordonna aux vents de répandre les graines et sentit que tout cela était bon.


Jour de la Trinité, et Dieu insuffla la vie
Dieu contempla son œuvre et décida que des animaux peupleraient cette terre qu’il venait de créer.
Les animaux coloniseront les terres, les poissons occuperont les mers, et les oiseaux s’empareront des cieux.
Dieu voulut que ses animaux vivent et meurent, qu’ils se nourrissent de plantes ou d’autres animaux et vit que tout cela était bon.


Jour de toutes les expériences
Dieu créa des créatures de toutes tailles et de toutes formes. Ils les voulaient de plus en plus puissantes et destructives.
Certaines de ces créatures avaient sa préférence et reçurent en héritage un peu de son Pouvoir.


Jour de son Oeuvre
Dieu créa l’Homme et su que celui-ci serait la plus fantastique de ses créations.
L’Homme vivra comme un animal mais il dominera la terre et les animaux de Dieu.
Dieu fit à l’homme le plus précieux des dons : le Libre Arbitre.


Jour de l’Ordre
Les hommes colonisèrent la terre et, peu à peu, s’organisèrent en familles, en villages, puis en royaumes.
Les plus courageux d’entre eux s’attaquaient aux plus puissantes des créatures de Dieu et découvrirent le Pouvoir que certaines détenaient.
Ces hommes qui avaient goûté au Pouvoir furent à l’origine de bien des maux envers leurs frères et envers la Terre. Les guerres furent, les empires chutèrent, mais l’avidité de l’Homme pour le Pouvoir n’avait de cesse de croître dans le sang et les flammes.

Dieu, furieux, se révéla aux hommes et leur parla ainsi :

« De ma main je vous ai créés, et de ma main je punirai les hommes qui braveront ma parole.
Je suis votre Dieu et je vous ordonne d’obéïr aux 10 commandements que mes serviteurs vous révèleront. »

Dieu ordonna aux créatures enchantées de fuir la civilisation des hommes et leur offrit quelques terres sacrées en guise de refuge. Depuis ce jour, elles errent en ces lieux interdits qui sont autant de prisons où nul Homme n’a encore osé s’aventurer.


Michel Archange Prophète
Dieu choisit un homme, Michel, qui s’était toujours montré le plus respectueux devant la création divine et qui était un bon père de famille.
Il s’adressa à lui en ses mots :
« Michel, je t’ai élu parmi les hommes. Tu seras mon Archange et mon prophète. »
Michel avait foi en Dieu et reçut la bénédiction du Tout Puissant.
« Rends- toi au sommet de la montagne sacrée et attends y mes ordres. »

Marie, femme de Michel, lui prépara un copieux repas, et Sarah, sa fille, lui servit un verre de bon vin.
« Désires tu quelques provisions pour ton voyage, père ? » lui demanda Pierre, son fils.
« Vois cette coupe, mon fils » répondit Michel en levant le calice taillé dans le précieux bois d‘ébène, « Dieu la remplira d’eau chaque fois que nécessaire. Il nourrira mes pas et mon coeur. »
Michel embrassa sa femme, son fils et sa fille, et se mit en chemin.

Le voyage fut long, mais rien ne vint ébranler la volonté de Michel. Arrivé au pied de la montagne, il entreprit l’ascension de celle-ci et atteignit le sommet qui culminait à plus de 8000 pieds en moins d’une semaine, il se dressa alors sur la plus haute roche, et guetta la venue de Dieu.
Les jours passèrent, et Michel patientait, immobile, bravant les éléments, à l’affût du moindre signe divin.

Les vents se faisaient violents, et Michel se perdait dans de lointaines pensées. Il songeait à sa femme, ses fils et ses filles, et tous lui manquaient énormément.
Le doute l’envahit peu à peu. Etait-il réellement l’élu de Dieu ? Ce voyage était-il une folie née de son esprit fatigué ?


Gabriel, Archange de Dieu
Une violente bourrasque rappela Michel à la réalité et il perdit l’équilibre. Il chuta, et dans un ultime réflexe réussit à s’agripper à une roche. Son sac de voyage céda également, et Michel ne put en retenir que le calice dans lequel il avait bu son voyage durant.

Michel remonta avec peine au sommet de la plus haute roche de la montagne sacrée. Sa chute lui avait valut une large plaie en travers de la main droite.
La neige tombait doucement, et le vent s’était calmé. Michel saisit un cristal de glace de sa main droite, et le posa dans le calice. La glace fondue mélangée à son sang produisait un liquide coloré qui lui rappelait la chaleur du vin servit par sa fille lors de son départ.
Un événement inattendu survint alors…

Le vent se fit plus vif, et des tourbillons de neige fusèrent de toute part vers l’objet de bois. Tout n’était alors que confusion, mais Michel put distinguer une forme qui grandissait au centre de la bourrasque.
La neige et le vent cessèrent, un être d’apparence humaine, grand et élancé, et possédant de grandes ailes blanches, se tenait en lieu et place du calice. Il était brun aux yeux verts et était vêtu d’un ample vêtement blanc laissant apparent son torse athlétique.
Il s’avança vers Michel et lui dit :
« Je suis Gabriel, Archange de Dieu, et envoyé sur terre pour te transmettre le premier des Commandements. » Michel écoutait abasourdi…
« En Dieu tu auras foi, de sa parole tu ne te détourneras pas.»
Michel baissa les yeux, car il savait qu’il avait fauté en doutant de la parole de Dieu.

L’archange Gabriel tendit la main à Michel qui la saisit et fut le témoin d’un prodige : Gabriel serra fortement la main de Michel tandis qu’une lueur bleutée jaillit de sa paume. La blessure de Michel fut cicatrisée instantanément.
« Tu as de grands pouvoirs mon frère, nous sommes du même sang. Il te faudra découvrir par toi-même ceux dont Dieu t’a doté afin de remplir la mission qu’il t’a confiée… »
Gabriel déploya ses ailes d’un geste majestueux, une brise se leva et l’emporta dans les cieux où il disparut.
Michel, à nouveau seul, resta quelques instants perdu dans ses pensées puis entreprit le retour près des siens.

Les Quatre chemins
Après plusieurs semaines de marche, Michel aperçut un groupe d’une vingtaine d’hommes et de femmes qui se déplaçaient vers l’est. Il alla à leur rencontre, et découvrit rapidement qu’ils étaient escortés par des individus d’apparence humaine mais pourtant différents. Ils étaient de stature légèrement supérieure et certains étaient enveloppés d’une aura lumineuse.
Intrigué, il s’avança et salua les voyageurs :
- « Bonne et heureuse journée, voyageurs, je suis Michel, serviteur de Dieu. »
Les êtres qui encadraient le groupe d’hommes échangèrent quelques regards, et s’inclinèrent derechef.
L’un d’entre eux se redressa légèrement et rétorqua :
- « Archange Michel, nous sommes les Anges de Dieu, ordonnes et nous obéirons. »

Michel fut surpris de ces paroles et, comme la soirée était bien avancée, répondit de façon spontanée :
- « Je suis las d’un long voyage, et cela fait une éternité que je n’ai passé une soirée en bonne compagnie. Partageons un bon repas, et échangeons nos aventures ! »
Les anges dressèrent un splendide banquet et ne cachèrent pas leur enthousiasme dû à la présence de leur invité.
Michel fut surpris de constater qu’aucun des humains de la troupe n’avait été convié à partager la table des anges et apprit l’aventure de ces malheureux.

Il s’agissait d’une famille d’Humains, dont le patriarche se nommait Victor. Celui-ci était un grand guerrier et parcourrait la terre à la recherche de puissantes créatures, qu’il affrontait accompagné de ses neuf fils.
Victor avait ignoré le sixième commandement de Dieu :
« Tu ne souilleras pas les terres sacrées de Dieu par le sang. »

La TORCHE (Troupe Opérationnelle de Recherche des Créatures Hérétiques Errantes, c’est ainsi que se nommait le groupe d’anges) avait reçu pour mission de faire cesser les agissements de cet aventurier, qui ignorait délibérément la Loi de Dieu.
Lorsqu’ils eurent retrouvé Victor, celui-ci avait à nouveau défié l’autorité divine en refusant de se détourner de sa quête. Le massacre de la famille entière avait été évité grâce au courage et au sacrifice de Samuel, fils de Victor, qui affronta l’ange Serval en duel singulier…
Victor n’était plus que l’ombre de lui-même depuis l’instant où Samuel tomba. Il rendit les armes et accepta de suivre les anges.
Yeiayel, commandant la TORCHE avait entrepris de remettre Victor et les siens au Saint Ordre de l’Inquisition, un groupe d’anges chargés de juger, et bien souvent de punir, ceux qui osaient s’élever contre la Loi de Dieu.

Michel était pensif et ne savait trop que penser de tout cela. Il avait toujours jugé la chasse des créatures de Dieu comme étant un acte mauvais, mais il ne reconnaissait pas là la volonté de Dieu…
Il décida de rejoindre la troupe d’anges et les accompagna à la cité de Nilunh, siège du Saint Ordre de l’Inquisition.
Chemin faisant, Michel fit la connaissance de Raphaël et de Anguerrian, tout deux fils de Victor.
Anguerrian était le plus jeune des frères, et non le moins courageux. Il racontait avec entrain et à longueur de journée les récits des batailles où il avait combattu auprès de son père.
Michel apprit que Victor et ses fils avait acquis au fil du temps de nombreux pouvoirs, hérités des Créatures qu’ils avaient terrassées.
Anguerrian avait acquit ainsi le pouvoir d’apaiser l’esprit des hommes, ce qui à plusieurs reprises lui avait permis de mettre fin à des querelles dans les villages qu’ils avaient traversés.

Raphaël quand à lui était bien moins loquace, mais paraissait plus sage et plus mûr que son jeune frère. Lui et Michel de lièrent rapidement d’amitié.
Raphaël n’était point un guerrier comme ses frères, et n’appréciait guère plus de participer aux longs safaris que lui imposait son père. Il n’avait d’ailleurs acquis aucun pouvoir durant ses expériences, et cela ne paraissait pas le gêner outre mesure.


L’homme entra silencieusement dans la tente. Ni Lumen ni Adély - les deux lunes de la Terre - ne parvenaient à percer les ténèbres qui enveloppaient le campement. Nul ne vit l’ombre qui se faufila. Un inquiétant silence régnait, si ce n’est ce vent sinistre… L’homme s’approcha de Victor, qui semblait dormir assis sur sa chaise, tel un vieux roi usé. Il avançait à pas feutrés, et dévoila une lame noire effilée. S’arrêta le temps d’une inspiration. « Je choisis la mort » murmura Victor… Sans l’ombre d’une hésitation, l’homme trancha la gorge. Le corps de sa victime s’arc-bouta, définitivement délaissé de toute vie.

Victor fut ainsi retrouvé, raidi par la nuit, son regard livide saisissant l’horizon. Les anges qui le tenaient prisonnier ne purent cacher leur étonnement, mais point de compassion pour l’hérétique.


La journée fut agitée : Anges et Hommes étaient tendus. Panique, tristesse et haine sont des sentiments tellement différents et si proches parfois.
Michel, qui sentait que la situation allait basculer d’un moment à l’autre fit appel à Anguerrian, et lui demanda d’user de son pouvoir.
« Je ne vous serais d’aucune utilité aujourd’hui Archange Michel. Mon pouvoir n’affecte que les hommes, et je ne sais moi-même que penser de cet événement. »
Instinctivement, Michel saisit le bras d’Anguerrian, qui tout d’abord ressentit une intense douleur. Les images se bousculèrent dans sa tête, il vit la lame lui trancher le bras, ses frères morts, et le campement en feu… « Il n’est pas trop tard Anguerrian. Concentres toi, et fais que tout cela n’arrive pas. »
Le jeune homme fronça les sourcils, le vent siffla, claqua, et la magie rayonna sur le camp et alentours. Il tomba à genoux, Michel l’épaula.
Lorsque les éléments furent calmés, seuls les deux hommes se tenaient debout, tandis que tous avaient été projetés au sol tant les pouvoirs déployés avaient été puissants.
Panique et agitation devinrent pleurs et recueillements.

Malgré la réussite probante de son intervention, Michel semblait troublé car il venait d’en apprendre plus sur lui-même et sur le jeune humain. Il savait désormais que ce dernier jouerait un rôle important dans les événements à venir. Il savait également qu’un grave danger menaçait Anguerrian.
Michel se rendit dans ses appartements et demanda à ne pas être dérangé.

Au crépuscule, Michel convoqua Anguerrian et lui adressa ces mots :
« Aujourd’hui, ton destin s’est révélé à moi.
Ce pouvoir dont tu as usé ce jour sera ton plus précieux allié tout au long de ton règne, car tu seras Roi.
Roi parmi les hommes, et Roi parmi les rois.
Je suis Michel, l’archange Prophète, et mon rôle est de guider les hommes sur la voie de Dieu.
Prends ce bâton, il te montrera le chemin lorsque les ténèbres tenteront de te perdre. »

Anguerrian remercia humblement Michel, et retourna dans sa tente où il médita sur les paroles de l’archange.
Après de longues minutes de réflexion, il se leva, et alla poser le bâton près du seuil. Il ne souhaitait pas qu’un objet confié par un Archange de Dieu influe sur sa destiné et il le rendrait dès le lendemain.
Anguerrian souffla une bougie et s’allongea sur sa couche. La journée avait été lourde en émotions et il en était las.


L’homme sortit de sa tente et se fondit parmi les ombres. La brume obscurcissait le camp, il était impossible de distinguer quoi que ce soit à plus d’un pas.
L’homme se glissa au travers des allées et finit par s’arrêter devant la tente d’Anguerrian. Il entra subrepticement puis, pas à pas, se dirigea vers la couche où Anguerrian était étendu.
L’homme heurta le bâton posé près du seuil qui roula lourdement au sol.
Anguerrian sursauta et fit instinctivement face à son agresseur.
L’homme lui fit signe de l’index de ne pas faire de bruit :
- « Chuuut… Si tu réveilles le camp, les anges croiront à une tentative d’évasion, et ils tueront les membres de ta famille. Affronte donc ta destinée, accueille la mort ! »
A ces mots, les deux hommes se préparèrent au combat.
L’inconnu glissa lentement l’arme qu’il tenait sous son manteau hors de son fourreau. Il fixait Anguerrian d’un regard vicieux et l’attaqua brusquement.
Anguerrian esquiva sans difficulté les attaques successives et finit par saisir l’avant bras de son adversaire. Un habile enchaînement lui permit d’immobiliser celui-ci contre le pilier central et une vive torsion au poignet lui fit lâcher son arme.
Anguerrian s’en saisit instantanément et en fit glisser la pointe sous la gorge de son adversaire…



Un cri retentit dans le camp. Les premiers rayons du soleil pointaient et Meredith, qui était allée rendre visite à Anguerrian, s’était aperçue que son fils n’était pas sous sa tente. Elle fut prise de terreur lorsqu’elle vit une marre de sang près du mat central. Son cri ameuta aussitôt une foule d’hommes et d’anges.

Yeiayel s’avança au travers des gardes. Théodore, fils de Victor l’agrippa puissamment au col et hurla :
« Vous allez tous nous tuer, n’est-ce pas ? Nous n’allons pas nous laisser faire ! »
A ces mots il projeta l’ange au sol. La réponse fut immédiate : Deux anges se saisirent de Théodore tandis que les autres dégainèrent afin de prévenir une quelconque mutinerie.
L’ambiance était tendue, Théodore se débattait violemment, les premières bousculades apparurent.
Six se détachèrent du groupe des hommes en colère et contournèrent les anges afin de bloquer toute retraite à ceux qui emmenaient leur frère.
Cette manœuvre aggrava terriblement la situation, car les anges se sentaient désormais menacés. Tous se préparaient à un combat devenu inévitable…

Raphaël s’approcha de Michel, qui s’était tenu à distance et observait la scène d’un air inquiet et impuissant. « Il faut faire quelque chose, viens. » dit l’homme invitant l’archange de le suivre.
- « Mais… »
« Fait moi confiance. », l’interrompit Raphaël, d’un ton décidé.

Tout deux allèrent sous la tente de Raphaël, dont un feu illuminait les ornements et mettait en valeur les quelques objets de valeur ou œuvres d’art disposés ça et là.
Raphaël se saisit du calice que l’archange portait attaché à son ceinturon et le posa sur une pierre près du feu.
« Que compte tu faire ? », interrogea Michel.
« J’ai un pouvoir. » répondit Raphaël… « Je ne l’ai jamais révélé, mais aujourd’hui il pourrait être utile... Donne moi la force d’accomplir ce prodige, mon ami. »
Tout deux s’agenouillèrent face à face l’un de l’autre.
Raphaël sorti un long couteau de son étui et tendit la main au dessus du calice. Il s’entailla en travers de la paume et fit couler son sang dans le calice. Il fit signe à Michel de tendre la main. Celui-ci hésita un court instant puis tendit également son bras que Raphaël empoignât fortement. La lame noire glissa lentement depuis le haut de la cicatrice de Michel, et profondément, elle ré ouvrit la blessure faite au sommet de la montagne sacrée.
Tout deux virent leurs sangs se mêler dans la coupe.
L’archange attendit avec impatience que la lame soit retirée du plus profond de sa chair, puis, les yeux rivés vers le liquide rougeâtre, attendit le prodige annoncé.
Dans un mouvement brusque, Raphaël saisit une braise ardente au milieu des flammes et la mis dans la main de l’archange, qui ne pu retenir un cri de douleur.
La surprise avait été totale, et Raphaël maintenu le feu entre leurs mains, sous le regard terrifié de Michel.

L’air se mit à tourbillonner autour d’eux, le feu se transforma en brasier, et les flammes gagnèrent les tissus et les objets. Michel se tordait sous la douleur, alors que sa main était toujours prisonnière de celle de Raphaël.
Ce dernier relâcha son étreinte, et Michel se laissa tomber au sol, terrassé par la brûlure.
Raphaël plongeât alors ses deux mains dans le calice et les baignât dans le sang mélangé. Il projeta ce sang sur son visage, puis sur son corps. Le sang devint flamme, et la peau de Raphaël changeât d’apparence pour devenir rouge et sombre, plus épaisse. Ses muscles entiers se développèrent tandis que sa stature devenait de plus en plus imposante. Il brandit ses mains ensanglantées vers le ciel, et hurla de toute sa voix.
La tente était désormais un immense brasier, Raphaël jeta un dernier regard dédaigneux vers Michel, et sortit de la tente.

Les vents dehors étaient déchaînés, et le combat entre Anges et Hommes entamé. Ces derniers avaient d’ailleurs étés tués ou blessés pour la plupart, seuls les 7 frères, tous fils de Victor, combattaient encore.
Raphaël avança vers les anges d’un pas lent. Les flammes léchaient sa peau nue, et l’air autour de lui. Les tentes s’embrasaient une à une à son passage, comme tout objet sur lequel s’attardait son regard.
Les anges ne purent évidemment pas ignorer la venue de cet être terrifiant, et tous stoppèrent le combat, hébétés. Les anges reculaient, oubliant leurs blessés, quand Yeiayel repris ses esprits et s’adressa a eux.
« Mes frères, nous sommes les anges de Dieu. Notre mission est de pourchasser les hérétiques, et… » - il fit face à Raphaël - « assurément, cette créature l’est. »
Les anges se ressaisirent et avancèrent à demi pas vers la créature qui n’avait plus rien d’humain et mesurait désormais plus de 2 mètres.

« Misérables anges… » lança Raphaël.
« Soumets toi à la volonté de Dieu, où tu périras ! » rétorqua Yeiayel.
Raphaël le regarda. Celui-ci s’enflamma instantanément, avant de s’effondrer sans le moindre cri.
« Je ne t’ai pas autorisé à parler. » dit-il en dévisageant chacun des anges, qui n’en menaient pas large.
« Où est Serval ! Où est ce lâche, où est ce misérable bâtard ! »
Raphaël orienta la paume de sa main, bras tendu, vers l’ange Juda, qui sentit son corps se raidir et flotter bien malgré lui en direction de son adversaire. Raphaël l’attrapa au cou et lui dit :
« Où est Serval. » Il durcit son étreinte.
- « Yeiayel l’a envoyé cette nuit… » il reprit son souffle : « Un Humain s’est échappé du camp cette nuit, Yeiyayel a envoyé Serval à la recherche de ce fugitif. »
« Ramène le moi. Je le veux vivant. »
Raphaël durcit à nouveau son étreinte, un flux électrique et sombre traversa son bras et secoua l’ange, dont les yeux se révulsèrent.
- « Il en sera selon vos ordres mon maître. » répondit Juda, à la stupéfaction de ses compagnons. L’ange était marqué au cou de l’emprunte de Raphaël, son regard resta vide. Il partit aussitôt au pas de course.

Raphaël se tourna alors vers ses 7 frères qui avaient assisté à la scène.
« Mes frères, aujourd’hui je choisi de me dresser face aux anges et face à leur dieu. Aujourd’hui, je choisi de mener une guerre sans répit contre ce même dieu qui nous a donné la tête et l’épée, et qui veut faire de nous des brebis. Ses brebis !
Voyez ce qu’Il a fait de vos femmes et de vos fils ! » Raphaël montra les corps, morts ou agonisants, victimes du combat avec les anges.
« Je ferai de vous des Loups, et nous prendrons la place qui nous revient de droit, par le Sang et par les flammes ! » Les hommes s’agenouillèrent un à un. Alors l’air s’embrasa autour d’eux, sans que celui-ci ne les consume.
Ils se relevèrent comme un seul homme, puis, d’un pas assuré, se dirigèrent vers les anges spectateurs effarés.


L’histoire ne fait pas état des actes qui suivirent, qui ne furent que les prémices du Mal que nous combattons encore. Les Démons créés ce jour se multiplièrent et répandirent la violence et la cruauté, le mensonge et le vice.
De grands archanges tombèrent par l’épée ou dans la perversité. Les forces du Bien furent rapidement vaincues et ne trouvaient aucun refuge sur terre, si bien que Gabriel fonda la cité dans les cieux, seul refuge pour les forces du Bien. Cette citée fût baptisée Paradis.
L’arrivée de l’archange Archéon permis aux anges de se relever. Et dans les Enfers, de repousser la bête.
« Vaincre le Feu par les Flammes, le vice par la vertu… », telle était et est toujours la devise d’Archéon, grand commandeur des armées célestes.

Anguerrian devint Roi, il régna sur les terres qui s’étendent depuis la grande citée de Fangard aux vallées d’Emetys. Il légua aux Hommes de la terre le plus précieux des héritages, acquis lors de prodigieuses batailles : La Liberté.